Edouard Philippe répond sur France2 aux Gilets Jaunes au JT de 20 h 18/11/2018

Édouard Philippe frappé par le «caractère inédit» du mouvement


«Beaucoup de gens manifestaient pour la première fois, aucun leader ne s’impose, reconnaît-il. Et parce qu’on a entendu de la colère, mais aussi de la souffrance, l’absence de perspective, l’idée que les pouvoirs publics ne répondent pas aux inquiétudes, et au sentiment de déclassement, d’abandon, que ressent une partie de la population. Je l’ai entendu.»

«Gilets jaunes» : des actions déjà annoncées pour lundi

Le gouvernement ne pliera pas face à la colère des populations. Au lendemain de la mobilisation des « gilets jaunes », Édouard Philippe a assuré dimanche 17 novembre avoir entendu la « colère » et la « souffrance » mais veut maintenir le « cap ». Alors que blocages et barrages filtrants se sont poursuivis dans plusieurs régions et pourraient persister lundi.

« Un gouvernement qui changerait de pied en permanence, qui zigzaguerait au gré des difficultés, (…) ne conduirait pas la France là où elle doit être conduite », s’est justifié le chef du gouvernement, invité du journal de 20H de France 2.

Le Premier ministre a de nouveau affiché les engagements pris par Emmanuel Macron de faire baisser les prélèvements obligatoires et de mieux rémunérer le travail, quitte à davantage taxer la pollution. « Le cap que nous avons fixé, il est bon et nous allons le tenir », a-t-il affirmé, tout en assurant avoir entendu la « colère », « la souffrance », « l’absence de perspectives », « le sentiment de déclassement et peut-être même d’abandon » des quelque 290 000 personnes qui ont manifesté samedi contre les hausses de taxes sur les carburants.

Dimanche, la mobilisation était plus faible mais de nombreux barrages filtrants ou blocages étaient signalés, à des ronds-points ou sur des axes autoroutiers, comme à Montélimar, Chalon-sur-Saône, au Mans et ailleurs dans l’Ouest, en Nouvelle-Aquitaine ou encore en Vaucluse ou dans le Var.

« La liberté de manifestation, ce n’est pas l’anarchie »

Dans plusieurs endroits, les « gilets jaunes » ont indiqué qu’ils poursuivraient le mouvement lundi, comme à Brioude (Haute-Loire) ou dans le Morbihan. Au Mans notamment, une union aux routiers et agriculteurs pour empêcher l’accès à l’A28 est annoncée.

Samedi, les manifestants avaient bloqué autoroutes, ronds-points, hypermarchés ou organisé des opérations de péage gratuit. Des « gilets jaunes » se sont aussi rendus près de l’Élysée, où les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes.

Le bilan humain est lourd avec un mort, une manifestante de 63 ans percutée par une conductrice prise de panique, et plus de 400 blessés – dont 14 gravement y compris parmi les forces de l’ordre – et les dégradations ont été nombreuses. 282 personnes ont été interpellées.

« La liberté de manifestation, ce n’est pas l’anarchie », a rappelé Édouard Philippe au sujet des débordements. Si les gilets jaunes n’ont pas réussi à paralyser la France, tout le territoire a été touché durant le week-end par leurs actions, organisées en dehors des partis et des syndicats.

Samedi, Emmanuel Macron et Édouard Philippe avaient laissé Christophe Castaner monter au front. Le chef de l’État, en visite en Allemagne dimanche où le 18 novembre est un jour de commémoration aux victimes de guerre, ne s’est pas exprimé en raison du « devoir de décence », selon l’Élysée.

 

 

Sources : France 24 – Le Figaro – France 2

 

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